Posted 03 January 2012 - 11:31 AM
Gaël Tallec, ambassadeur à Toulon
Lundi, 26 Décembre 2011 07:45 ffr13.com
Zoom arrière : il a joué avec les plus grands à Wigan (Jason Robinson, Shaun Edwards, Andy Farrell, Martin Offiah, Tony Smith, Denis Betts, Kris Radlinski, Gary Connolly), Castleford (Adrian Wowles, Mike Ford, Barrie-Jon Mather, Peter Gill, John Timu, Darren Rogers), et Halifax (Greg Florimo, Andrew Dunneman, Gary Mercer), de 1995 à 2000, et il entraîne aujourd'hui les plus petits, sur la rade, non loin du RC Toulon dont il a porté le maillot avec succès, avant de terminer sa carrière à Bastia XV. Preuve qu'il n'a rien oublié de son rugby de départ, qui lui a tant donné, et inversement.
Tonneinquais d'origine, l'ancien deuxième ligne du XIII de France, Gaël Tallec, est sans conteste la meilleure pioche du président-joueur Walid Kadir, le fondateur du Sporting Treiziste Toulonnais, avec le co-entraîneur et capitaine Akim Dib, qui fit les beaux jours de Carpentras et de Salon, et, travaillant sur Toulon, met désormais ses beaux restes au service d'un club à peine sorti de terre, mais qui régale déjà les spectateurs du stade Alex-Fernandez, quartier Mourillon, sur le bord de mer.
Tous les autres joueurs viennent du XV, et la première tâche des entraîneurs a consisté à les dégrossir, comme l'explique Gaël : "Ils sont issus des Espoirs du RC Toulon, de clubs de Fédérale 2 et 3 de la région, et ils ont encore forcément des automatismes de quinzistes, notre travail, qui ressemble parfois à celui d'éducateurs à l'école de rugby, portant notamment sur la réalisation du tenu, mais ils apprennent vite, séduits par la rapidité du jeu, et par le fait qu'ils touchent fréquemment le ballon, dans un match."
"SB William a laissé une bonne image"
Et le bouche à oreille a tellement bien fonctionné, depuis l'été dernier, que le club est aujourd'hui confronté à un problème de… riche. "Nous avons une trentaine de licenciés, et des candidats frappent toujours à la porte, nous ne pourrons faire jouer tout le monde", souligne Gaël, à la fois heureux et… embarrassé de cet engouement, lié au succès rencontré sur les réseaux sociaux, et à la place accordée au Sporting par le quotidien Var-matin, la première victoire obtenue sur Barbentane n'étant surtout pas passée inaperçue. "Nous n'avons déploré aucun en avant l'espace du premier quart d'heure de cette rencontre à l'intensité surprenante, et le plus important c'est que le rugby à XIII soit sorti vainqueur, ce jour-là", se réjouit Tallec.
Un sport qui, à Toulon, pourrait faire son trou : "Ici, tout le monde connait les Dragons Catalans, Sonny Bill Williams a laissé une bonne image dans la ville, David Fraisse est l'entraîneur de la défense, et chargé des stats, au RCT, dont le préparateur physique n'est autre que Steve Walsh, qui occupait précédemment cette même fonction à Wigan, Leeds Rhinos, Halifax."
Pour autant, il s'agira de contourner plusieurs obstacles se dressant présentement sur la route des Azur et Or : les joueurs s'entraînent sur un terrain synthétique, auquel ils ne sont pas habitués, et qui a déjà provoqué deux vilaines blessures au genou, évoluent dans un stade dénué de tribune, le club est géographiquement enclavé, et dispute ses matchs de championnat contre des adversaires relativement éloignés, Apt, Cheval Blanc, Le Thor, Vedène, Salon, Saint-Martin-de-Crau, Barbentane, mais Walid Kadir et ses amis tissent peu à peu un réseau de relations porteur d'espoir. Un partenariat a par exemple été passé avec Ford, qui met deux minibus à la disposition du club, pour les déplacements des joueurs, et la municipalité s'intéresse au nouveau venu, notamment via un élu, Michel Bonus.
La DN1 dans cinq ans
"Nous espérons pouvoir profiter, la saison prochaine, du complexe sportif Léo-Lagrange, dont la réhabilitation sera bientôt achevée", poursuit Gaël, un ancien pro transformé en amateur éclairé, dirigeant deux entraînements par semaine : "Ici, personne n'est rétribué, ce qui n'altère en rien l'enthousiasme de tous ceux qui se sont lancés dans cette aventure, et le projet proposé par Walid m'a plu d'emblée, c'est pour moi un retour aux sources."
Une chance, pour ce club bien décidé à se structurer, sans brûler les étapes, caressant le projet de créer une équipe junior en 2012-2013, et "visant la DN1 d'ici cinq ans."
Les derbys avec Marseille XIII redeviendront alors d'actualité, comme dans les années cinquante, quand Toulon avait, déjà, son équipe de XIII.
D'ici là, les piliers Alan Dutour et Michael Alessandrini, les deuxièmes lignes William Montesino et Michael Chauvière, Romain Pezzoni (actuellement blessé), auront entraîné dans leur sillage des joueurs "volontaires à souhait".
Car Gaël, dont l'intérêt pour sa discipline de coeur ne s'est jamais démentie, durant ses années passées dans l'autre rugby, n'en doute pas : "Le XIII correspond parfaitement au tempérament des Toulonnais."
"Une petite délégation du Sporting était présente dans les tribunes du Parc des Sports avignonnais, lors du dernier France - Angleterre, nous comptons renouveler l'expérience prochainement à Perpignan, pour un match des Dragons, et nous visionnons souvent des rencontres de Super League et de NRL, sur mon ordinateur, sous les yeux émerveillés de nos joueurs".
Avec pareil ambassadeur, le rugby à XIII à Toulon devrait peu à peu monter en puissance, "d'autant plus qu'ici, il n'existe pas de "gueguerre" entre les deux rugbys", note celui qui reste aujourd'hui l'une des plus belles réussites du rugby à XIII français.