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Estebanez l'atypique


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#1 claude cassagnol

claude cassagnol

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Posté 13 novembre 2010 - 07:10

A 28 ans, il sera demain le petit nouveau de la ligne de trois-quarts du XV de France, entouré de gamins et de grands anciens, lui l’atypique, déjà international de rugby à XIII*. Contre les Fidji, à Nantes, Fabrice Estebanez portera le numéro 12 habituellement dévolu au monument Yannick Jauzion. Pour justifier cette sélection, Marc Lièvremont qui avait déjà appelé le Briviste sans l’utiliser lors du dernier Tournoi, déclara mardi : «Je le trouve en forme. Même s’il évolue dans un contexte difficile à Brive (douzième du Top 14, ndlr), ses performances individuelles sont toujours aussi intéressantes. J’ai confiance en ses qualités de puncher.» C’est que le garçon n’a jamais compté.

Il dut paraître fou, au moins prétentieux, quand à la fin de l’été 2007, alors chômeur, il affirma à Laurent Seigne, le manager de Brive qui s’apprêtait à l’enrôler : «Je veux être international dans trois ans.» Il venait de Gaillac en Pro D2, où la clé venait d’être mise sous la porte. A peine revenu à XV, après six années à XIII passées à Limoux et au Toulouse Olympique où il avait joué avec son frère aîné Cédric une demi-finale de Coupe d’Angleterre. Que d’allers et venues finalement, depuis l’école de rugby de Pamiers. «Je jouais à Colomiers, raconte-t-il à propos de son départ à XIII à la fin des années 90. On m’avait promis un contrat pro mais ça ne s’est pas bien passé. Un ami m’a dit d’essayer le XIII et j’y suis allé.» Il l’avait aussi un peu dans le sang ce rugby-là, fils d’un double champion de France avec Carcassonne, sa ville natale. Même si les débuts à Limoux dans l’Aude furent difficiles entre les entraînements et son apprentissage du métier de plombier, sa force de caractère et ses qualités, physiques notamment (1,85 m et 98 kg), l’amenèrent à «défendre les couleurs de (son) pays» à 25 reprises. Une fierté inégalée… jusqu’à demain.

C’est un transfert avorté vers l’Angleterre qui l’incita à refranchir en sens inverse la frontière entre XIII et XV en 2005. Avec les ambitions que l’on sait. Capable d’évoluer au centre, mais aussi à l’ouverture et à l’arrière, Fabrice Estebanez est un joueur technique, à la main comme au pied, avec «une culture incroyable de l’engagement physique» comme le relève Emile Ntamack, l’entraîneur des lignes arrière du XV tricolore. Son passage dans un rugby à XIII qui cultive la notion de duel n’y est pas étranger. «A XIII, on travaillait la technique de plaquage à chaque entraînement», raconte-t-il. Il est ainsi l’un des meilleurs plaqueurs du Top 14. Et le voilà donc titularisé pour la première fois au centre de l’attaque des Bleus où il devra barrer la route à quelques Fidjiens remuant qui se produisent chaque week-end sur les pelouses de notre Championnat.



* Cet autre rugby méconnu en France fut le premier sport collectif à placer une sélection en finale d’une Coupe du monde en 1954. Jean Dauger, Max Roussié et Alain Carminati sont d’autres grands noms du rugby à XV français à avoir été international à XIII.

Libération.fr
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