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un français en Australie


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#1 Philippe Barrau

Philippe Barrau

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Posted 08 February 2011 - 07:02 AM

Laurent Garnier, success story en Australie



A 39 ans, Laurent Garnier, ancien équipier premier de Cabestany XIII, alors en Elite et entraîné par Jean-Jacques Cologni, puis de Toulouges, des Girondins de Bordeaux XIII, du XIII Catalan (où il avait débuté, en cadets), et enfin de l'UTC à sa création en 2000, est marié depuis 2007 à Erin, rencontrée pendant la Coupe du monde Universitaires 2005, à Brisbane. Père de deux garçons, Jack et Charlie, le Catalan entraîne depuis trois ans les juniors de Wynnum Manly Seagulls, un club satellite des Brisbane Broncos. Auteur d'une exemplaire ascension, il évoque pour nous sa découverte de l'eldorado du rugby à XIII.

Quid de tes débuts en Australie ?

"Je suis arrivé ici en septembre 2007, et après une acclimatation de quelques mois, j'ai envoyé mon CV aux Wynnum Seagulls, un club réserve de Brisbane Broncos, qui évolue en Queensland Cup. J'ai ensuite été reçu par le "head-coach", à l'époque Shane Mc Neally, "Development officer" pour le district de Wynnum et ancien coach de Wakefield Wildcats. Il m'a dit que mon expérience chez les jeunes me permettait de rejoindre le nouveau staff des moins de 18 ans du club (qui disputent la Mal Meninga Cup) et des moins de 16 (Cyrill O'connell Cup, compétition crée en 2008 pour la détecter des jeunes susceptibles d'intégrer ensuite les squads semi-pros de Toyota Cup). Voici donc trois ans que je suis assistant de Nigel Roy (ancien joueur des Steelers, de North Sydney et des London Broncos). Nous travaillons actuellement en pré-saison avec Chris Mc Kenna (ex-Cronulla, Leeds, Bradford, Maroons du Queensland), adjoint de Paul Green, le head-coach de l'équipe fanion de Wynnum, qui évolue en Queensland Cup. J'entretiens d'excellentes relations avec celui-ci, un ancien joueur de Cronulla et des Broncos, qui a été Kangourou, puis assistant durant six ans aux Broncos, et dont le staff vient d'accueillir Ben Ikin, un ancien des Broncos, lui aussi, et commentateur sur Chanel 9. Rien que du beau monde ! Mon intégration dans ce pays a été grandement facilitée par mon appartenance à la "famille XIII". Par exemple, un de mes premiers boss était Bob Bennett (manager des Kumuls de Papouasie - Nouvelle-Guinée lors de la World Cup 2000), le frère de Wayne. Ce qui m'a ouvert des portes, et permis de comprendre des choses de l'intérieur. La Queensland RL m'a donné par équivalence, en 2010, le niveau 1 de "coaching Australian", et je vais passer mon niveau 2. J'essaie d'étoffer mes contacts, tout en travaillant, et m'occupant de ma famille dans notre nouvelle maison, située sur les hauteurs de la baie de Brisbane, à Wynnum."

Quelle différence constates-tu entre les jeunes joueurs australiens et français ?

"Je te rassure immédiatement. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les Australiens ne possèdent pas un gêne leur permettrant de courir plus vite, plaquer plus fort, adresser de meilleures passes ! La grande différence avec nous, c'est l'opportunité offerte en Australie à un jeune de se développer, et devenir un joueur de haut niveau, ou tout simplement un meilleur joueur. Et ceci depuis son plus jeune âge. Le programme de développement proposé aux jeunes, et la qualité de leurs entraîneurs, font la force du système australien. Par exemple, les plus talentueux parmi les jeunes de notre équipe sont déjà surveillés par des agents recruteurs de clubs de NRL, à l'image de notre demi d'ouverture, sélectionné avec les moins de 18 ans du Queensland en 2010. Il a participé cette année à l'intersaison du squad de la Toyota Cup (championnat des moins de 20 ans de NRL) de South Sydney. On ne sait pas s'il deviendra un joueur de NRL, mais il en aura eu l'opportunité. Cela dit, nous avons aussi dans nos rangs des joueurs ordinaires dont on sait qu'ils ne sont pas destinés à une carrière de haut niveau. C'est un peu comme à l'époque de la ruée vers l'or, dans l'ouest américain : tous les pionniers ne trouvaient pas de pépites, mais tous étaient équipés pour…"

Quels genres de contacts existent entre le staff des Broncos et celui de Wynnum ?

"Les Wynnum Seagulls sont un des clubs réserves des Brisbane Broncos. Ces derniers allouent à chacun de leurs joueurs pros un club au sein duquel ils sont susceptibles de jouer, s'ils ne sont pas retenus en NRL. Par exemple, cette année Darren Lockyer, Corey Parker et Dane Carlaw, entre autres, sont en relation avec Wynnum. S'il est vraisemblable que les deux premiers seront utilisés par ce club essentiellement pour des opérations promotionnelles, Dane, par contre, commencera probablement la saison avec nous. A l'inverse, Paul Green, le coach principal de Wynnum, qui a été l'assistant de Wayne Bennett pendant six ans aux Broncos, peut envoyer des joueurs participer à l'intersaison avec les Broncos, s'il estime que ce sera bénéfique pour les joueurs en question de s'entrainer à plein temps, ou si les Broncos ont des lacunes à tel ou tel poste. C'est ce qui s'est produit cette année avec John Te'o, qui jouait en 2010 à Avignon. Au niveau du staff aussi, les portes des Broncos sont grandes ouvertes pour tous les entraineurs de Wynnum. Il est à noter, enfin, que les Seagulls s'appuient sur huit clubs de jeunes, regroupant environ 2500 joueurs. Autant de jeunes dont les Broncos suivent l'évolution, via les Seagulls. Un chiffre qui nous fait rêver, nous Français, car les Broncos procèdent ainsi avec leurs autres clubs réserves. Tout le monde, en tout cas, y trouve son compte. Par exemple, cette saison quatre joueurs de Toyota Cup des Broncos, qui n'ont pas été retenus dans le squad final, jouerons pour les moins de 18 ans de Wynnum."

Quel regard porte-t-on sur Trent Robinson, en Australie ?

"Je le connaissais de vue, pour l'avoir vu évoluer avec Toulouse, et le voyais régulièrement à la TV, dans le box des coaches, au côté de Brian Smith à Newcastle et aux Roosters. Notre première rencontre date de 2008, lors d'un match sur la Gold Coast entre les Titans et Newcastle. Je discutais avec un ami français dans le couloir des joueurs, quand il a reconnu notre accent et est venu spontanément se mêler à la conversation ! Lorsque j'ai appris qu'il serait le futur coach des Catalans, j'ai pris contact avec lui et l'ai rencontré a Brisbane, à son hôtel après un match. Nous avons parlé du pays, et je lui ai offert "L'année des Dragons 2006". Il m'est apparu comme quelqu'un de très disponible, à double culture, et très appliqué dans son approche du métier. Je me rappelle d'ailleurs d'une interview télévisée de Brian Smith, au soir d'une victoire contre les Wests Tigers en play-off, évoquant les heures de sommeil que Trent avait perdu devant les vidéos des matchs, afin de résoudre les problèmes de leur équipe en défense… Sinon, j'ai d'excellents échos rapportés par des membres et des proches des Dragons, sur sa façon de d'opérer à Perpignan. Je lui souhaite de faire comme avec les Roosters, passer de la dernière place à pratiquement la première, en quelques mois."

As-tu rencontré Tas Baitieri depuis ton arrivée en Australie ?

"En 2008, lors de la Coupe du Monde universitaire à Brisbane, puis quelques mois plus tard à l'occasion du Mondial senior. Il est très occupé, constamment par monts et par vaux pour la cause treiziste !"

Fréquentes-tu d'autres Français, sur place ?
"Voici un an un jeune préparateur physique français ayant exercé à St Etienne XV, m'a contacté pour une expérience en Australie. Fabrice Veillaud, ce Rennais de 26 ans, a donc commencé avec nos moins de 18 ans de Wynnum. Cette saison, Vince Kelly, le préparateur du club, un ancien "fitness coach" des Rabbitohs, lui a confié la préparation de la réserve des Seagulls. Il travaille conjointement avec Vince, et avec Paul Green, en équipe fanion. C'est un bel exemple de réussite, preuve que les Français ne doivent pas nourrir de complexe d'infériorité."

As-tu croisé le chemin de joueurs australiens ayant évolué en France, par le passé ?

"J'ai rencontré et vu jouer l'ex-Dragons Catalan Aaron Gorell, qui a évolué aux Broncos en 2009, et disputé quelques matches avec Wynnum. Trent Clayton, un ancien du Toulouse Olympique, a travaillé quelques mois avec moi après son séjour en France, et il est désormais pilote d'hélicoptère. Je discute souvent avec la famille de Justin Murphy, à Toowoomba, et suis en contact avec mon ancien coéquipier à Cabestany XIII, David Baxter, Jamie Peters du XIII Catalan, Phil Howlett de l'UTC, Steven Plath, de Villeneuve-sur-Lot, Matthew Tyquin, des Girondins de Bordeaux XIII, Darren Cookie de Saint-Cyprien, sans oublier les joueurs de Wynnum, Reece Blaney (Carcassonne en 2010), Chris Muckert (UTC en 2010), Damian Quinn (Lézignan), Curtis Curry (Villeneuve), les frères Brown (La Réole), Danny McAllyster (UTC), et je vois très souvent Aaron Smith, qui a joué au XIII Catalan et à Pia. J'ai aussi rencontré Ian Turner, qui avait joué au PSG XIII et au XIII Catalan."

As-tu vu jouer, même à la TV, des nouveaux joueurs des Dragons Catalans ?

"En 2010, j'ai vu évoluer Ian Henderson, qui avait fait un très bon début de championnat avec NZ Warriors. Sa rapidité derrière le tenu faisait des merveilles avant qu'il ne se blesse. Dommage pour lui, car il avait semblé prendre une autre dimension. Scott Dureau a manqué de temps de jeu l'année dernière à Newcastle pour pouvoir s'affirmer, mais il a montré de belles choses lors de ses apparitions. Lopini Pae fut indisponible une grande partie de la saison mais il a effectué son retour avec les Roosters pour les play-off, présent parmi les 17 jusqu'en finale, ce qui dénote une grosse volonté. Il est en phase ascendante, au niveau forme. Ben Farrar, reconverti à l'arrière avec Manly début 2010, s'est affirmé. Ce fut sans doute sa meilleure saison depuis ses débuts en 2007 avec les Cowboys. J'ai aussi vu jouer Jason Baitieri avec les Newton Jets en NSW Cup, comme capitaine à chaque apparition. Tous ces joueurs ont un point commun, une grosse envie de prouver !"

Quel match de NRL t'a le plus séduit, en 2010 ?

"Comme supporter des Broncos et travaillant avec des jeunes, leur premier match 2010, au Suncorp, pour le derby contre North Queensland. Ils avaient alors aligné l'équipe la plus jeune et la plus inexpérimenté de leur histoire, et ces "baby Broncos" l'avaient emporté 30-24. Mais le plus beau fut Roosters-West Tigers en 1/4 de finale, pour son intensité physique, le placage de la décennie comme l'ont appelé les médias, son scenario à suspens du début à la fin avec le drop de Brett Anasta (78è) propulsant les Roosters en prolongations, assorties de leur fameux "golden point". Le genre de match dont-on reparle encore dix ans plus tard, et qui vous poignarde le coeur sur si l'on est supporter du perdant... Du genre Séville 1982, en football…"

Le joueur de NRL t'ayant fait la meilleure impression en 2010 ?

"Sam Burgess. Imaginez un jeune avant de Super League venant relever le défi de la NRL. Il était très attendu et il n'a pas déçu. Physiquement au point, agressif, enthousiaste sur le terrain, doté d'une bonne dose d'humour et d'humilité en dehors, les medias TV en on fait leur "chouchou", même s'il devra confirmer cette année."

Comment s'organisent tes journées de travail ?

"Grâce à l'ancien joueur de Toulouges XIII, Christophe Galibert, je suis employé depuis trois ans de la compagnie Tabcorp (paris, casinos, hôtels), la plus importante du Pacifique dans son domaine. Comme titulaire jusqu'à la naissance de Jack, et depuis comme "extra", ce qui me permet d'organiser plus facilement mon emploi du temps en fonction de la famille et du coaching, tout en conservant un salaire très correct. Je travaille 12 heures par jour pour Tabcorp, à raison de six jours par quinzaine."

Quel est ton objectif, comme entraîneur ?

"Apprendre, encore et toujours ! Passer mon niveau 2, et au gré des opportunités, postuler pour entrainer une équipe de "Colts", une réserve, ou pourquoi pas de Queensland Cup. Et si dans les prochaines années une occasion se présente en France …"

As-tu le temps de pratiquer des sports, en loisir ?

"Je me suis mis à la course à pied dès mon arrivée ici, et je marche assez régulièrement, seul ou en famille. J'aimerais faire beaucoup plus de sport, vu les opportunités existantes, entre kayak, aviron, natation, rugby à toucher, mais le temps me manque."

Comment s'est manifestée la solidarité des clubs et/ou joueurs de NRL vis à vis de la population sinistrée du Queensland, pendant et après les inondations ?

"C'est un extraordinaire esprit de solidarité qui actuellement anime l'Australie ! Les donations, matches de charité, se multiplient. Pour exemple, l'ancien Dragon Catalan Chris Walker, désormais à Parramatta, a répondu à l'appel à l'appel de ses frères, entraîneurs des Ipswich Jets, et levé une armée de joueurs de NRL de Sydney, libérés par leurs clubs pour plusieurs jours, afin d'aider au nettoyage des quartiers les plus touchés. De nombreux clubs ont perdu leur club-house, qui en Australie sont le coeur du système. Notre club, Wynnum, a lui aussi organisé une journée de nettoyage, avec tous ses membres, joueurs, sponsors, encadrement technique. Nous étions plus de cinquante."
http://www.ffr13.com
http://www.martigues13.fr
http://www.dragonsgavatx.fr
http://www.saga-familha.com
rugby league pour le plaisir




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